Notre position sur l’élection de la présidence de la métropole

Grenoble Capitale Citoyenne appelle R.Guerrero et G.Lissy au rassemblement pour l’élection du président de Grenoble Alpes Métropole.

Comme beaucoup de Grenobloises et Grenoblois, nous avons observé, au sein de Grenoble Capitale Citoyenne, avec attention la séance d’installation du conseil de la Métropole de Grenoble.

Elle portait la promesse d’un nouveau cycle, nécessaire et attendu, avec pour mots d’ordre : coopération, apaisement, travail collectif et dialogue entre toutes les communes.

Ces mots ont été prononcés par les principaux candidats lors de leurs prises de parole. Ils n’ont pourtant pas été suivis des faits.

Un accord était possible. Il était même indispensable.
Nous étions nombreux à y croire, tant des mains semblaient s’être tendues des deux côtés, par Raphaël Guerrero comme par Guillaume Lissy, publiquement, en début de séance.

Mais dès que l’opportunité s’est présentée pour le bloc porté par Guillaume Lissy de l’emporter seul, toutes les pistes de compromis se sont évaporées.

C’est en tout cas ce que laissent comprendre les dernières minutes de ce conseil : l’aboutissement possible d’un accord technique avec la France Insoumise permettant de constituer une majorité sans avoir à construire un véritable accord politique.

Une histoire qui semble se répéter : il y a quelques semaines déjà, lors de l’entre deux tours des élections municipales à Grenoble, nous assistions aux mêmes manœuvres.

Rendons nous à l’évidence, les valeurs de coopération et d’apaisement ont disparu dès lors qu’une victoire solitaire est devenue possible.

Mais au-delà du non alignement avec les convictions prônées, c’est surtout le court-termisme qui frappe.
Le principe même d’un accord technique avec la France Insoumise implique une réalité simple : Allan Brunon et son groupe ne rejoindraient pas l’exécutif et n’assumeraient pas collectivement la conduite des politiques publiques.

Une majorité d’un soir, mais pas une majorité de mandat : voilà ce qui attend Guillaume Lissy avec cet accord si celui-ci est maintenu en vue du report de l’élection prévue ce jeudi 30 avril.
Dans ces conditions, chaque budget, chaque décision structurante, chaque arbitrage important deviendra un rapport de forces.

Ce n’est pas une stratégie de gouvernance, ce n’est qu’une stratégie de prise de pouvoir.

Ces dernières semaines, beaucoup de bilans ont été tirés du dernier mandat métropolitain présidé par Christophe Ferrari, ainsi que des difficultés qui l’ont traversé.
Celles-ci ont souvent été réduites à des conflits de personnes, laissant penser qu’un simple changement de visages suffirait à apaiser la situation.
Ce qui s’est passé jeudi nous montre une réalité bien différente.

L’incapacité, apparemment structurelle, à accepter la diversité de notre territoire (géographique, démographique, politique…) affaiblit profondément notre métropole.

Dans Établissement Public de Coopération Intercommunal, il y a coopération. Gouverner à ce niveau c’est coopérer, c’est faire l’effort de composer avec les réalités de chacun.

En tant que citoyen·nes métropolitain·nes engagé·es pour notre territoire, nous en appelons à la raison de toutes et tous. La situation n’est pas figée.
Il est encore temps de revenir à l’essentiel : construire une majorité capable de gouverner dans la durée.

Le moment n’est plus de savoir qui gagne.
Le moment est venu de décider s’il vaut mieux gouverner ensemble… ou échouer séparément.

Nous appelons à un rassemblement des deux coalitions, celle portée par Raphaël Guerrero et celle portée par Guillaume Lissy : non pas un accord de circonstance, mais un accord de responsabilité.

Notre Métropole mérite mieux qu’un blocage permanent.