Depuis plusieurs semaines, la sécurité est devenue le thème central de la campagne municipale à Grenoble. Certains candidats ont choisi d’en faire un levier électoral, en multipliant les discours anxiogènes et les promesses hors sol.
Samedi 31 janvier, le syndicat Alliance Police Nationale a appelé à manifester à Grenoble autour des slogans « stop à l’insécurité » et « stop à l’impunité ».
Nous nous sommes clairement opposés à ce rassemblement. Nous entendons le sentiment de manque de considération exprimé par les forces de l’ordre, ainsi que les difficultés auxquelles elles peuvent être confrontées dans l’exercice de leurs missions. Pour autant nous refusons que la sécurité des Grenobloises et des Grenoblois soit instrumentalisée par des acteurs qui banalisent les discours de stigmatisation et qui, à plusieurs reprises, ont contribué à faire tomber les digues face à l’extrême droite.
Les prises de position du syndicat Alliance Police et de son secrétaire général en sont une illustration préoccupante.
Soyons clairs : la sécurité est un sujet sérieux, et elle doit être traitée avec responsabilité, lucidité et efficacité. Lors de notre grande enquête au contact, les Grenoblois·es nous l’ont dit : la sécurité est leur priorité n°1 et jusqu’à présent, beaucoup n’ont pas le sentiment d’avoir été écouté·es par la majorité sortante.
Elles et ils ont droit à des réponses à la hauteur des enjeux.
Mais non, l’armement de la police municipale ne réglera pas à lui seul les problèmes de sécurité à Grenoble.
Non, la généralisation de la vidéosurveillance ne constituera pas une solution miracle. Faire croire le contraire est purement malhonnête. À Grenoble, la question de la sécurité ne se traitera ni par la peur ni par la surenchère.
Elle se construira dans la durée, par une action publique cohérente et équilibrée, avec notamment :
Un outil exigeant, démocratique et efficace pour co-construire une politique publique transversale et à la hauteur. Notre vision s’est construite sur le terrain aux côtés des Grenobloises et des Grenoblois.
Ensemble refusons les caricatures, assumons de parler de sécurité à gauche. Parce que nous aimons Grenoble et que nous souhaitons répondre aux préoccupations des habitants, ouvrons la voix à une ville juste et agréable à vivre pour toutes et tous.